Mar 29, 2013 / by Benjamin Rosoor / In Non classé / Commentaires fermés sur les politiques assument mal le débat sur les réseaux sociaux

les politiques assument mal le débat sur les réseaux sociaux

Au lendemain de l’intervention du Président de la République, Guy Birenbaum notait dans sa chronique sur Europe 1 que François Hollande avait communiqué « à l’ancienne », comprendre, sans interaction avec les internautes. Effectivement. Et ce n’est pas demain que cela arrivera. En effet, les élus français ne savent pas gérer le débat public sur ces outils. Alors ils évitent.

Pourtant les hommes politiques sont plutôt présents sur les réseaux sociaux. Députés, ministres mais aussi conseillers municipaux ont de plus en plus souvent des comptes Twitter, des pages Facebook. Ils sont conscients de l’audience que cela leur permet de toucher mais aussi de la dimension « moderne » que cela apporte à leur image.

Le_Serment_du_Jeu_de_paume

C’est aussi un moyen d’éviter de passer par la case « infomédiaire », le journaliste notamment. C’est ainsi que Nicolas Sarkozy a utilisé sa page Facebook pour s’exprimer à la suite de sa mise en examen. Il a maîtrisé le timing et savait que cela serait repris partout. En revanche, il n’a pas eu à répondre à la « relance journalistique désagréable ». On notera qu’il y a eu près d’un millier de commentaires et qu’ils ne sont pas modérés. C’est à dire que les messages négatifs ne sont pas supprimés. C’est assez rare pour être signalé.

On passera sur les frénétiques de twitter (il y en à gauche et à droite) qui balancent des mini-messages sans aucune retenue, même en étant ministre.

Le cas le plus intéressant est celui de l’élu de terrain. Ils sont nombreux à s’interroger sur l’utilisation des réseaux sociaux. Si l’on considère qu’une partie de l’action politique de proximité passe par l’échange avec les citoyens, alors les réseaux sociaux sont bien sûr un support très intéressant.  Le personnel politique à l’habitude de se confronter à la population : réunions publiques, marchés, associations, les occasions de discussions, d’échanges vifs sont nombreuses.

Pourtant, quand cela arrive sur les réseaux sociaux, c’est immédiatement la panique. Récemment, une élue locale (jeune, talentueuse, moderne) a fait un commentaire dans la presse régionale que n’a pas apprécié un acteur de la société civile de sa ville. Autrefois, il lui aurait écrit un courrier, l’aurait croisé dans une réunion pour lui dire ce qu’il pensait. Mais, nous sommes en 2013. Alors celui-ci a publié une sorte de « post ouvert » en utilisant la fonction @ de Facebook sur le nom de l’élue afin qu’elle soit bien au courant de sa mauvaise humeur. 

L’élue ainsi interpellée répond alors :

Monsieur premièrement je ne vous permets pas d extrapoler mes propos et je vous invite à prendre contact en direct avec moi (….)

Après quelques précisions de la part du « Monsieur » (j’ai retiré son nom), elle ferme la porte à la discussion (qui se poursuivra sans elle évidemment) :

Monsieur je préfèrerais une explication directe que caché derrière un écran et en rapportant des propos parcellaire du sujet et de mes propos!

Réponse très étonnante : on est donc « caché » derrière un écran lorsque l’on publie sous son nom et prénom sur Facebook ? A mon avis, on l’est moins qu’en criant fort sur un marché sans se présenter. On passera sur l’utilisation du Monsieur et du Madame qui n’est pas usuel sur les réseaux sociaux. En fait, ces propos, sont plutôt un aveu d’impuissance face à la situation. « je préfèrerais qu’on se parle entre nous plutôt qu’en public » pense certainement la jeune élue. Alors qu’il était assez simple de répondre à la colère de ce citoyen : être désolé qu’il ait pu être choqué par des propos dans la presse ; peut-être lancer le débat sur le sujet du désaccord. En un mot, montrer qu’on accepte de débattre sur un espace…dont le principal objet est la conversation et l’échange. Le débat public quoi.